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Résumé d'article - Maternité et carrière académique : pourquoi les femmes quittent plus souvent la recherche

Avoir un enfant ne ralentit pas seulement les carrières : cela pousse une femme sur trois à quitter l’univers académique, révélant des inégalités profondes dans la répartition des responsabilités familiales.

Sofie Cairo, Ria Ivandic, Anne Sophie Lassen, Valentina Tartari
3 avril 2026
Résumé d'article - Maternité et carrière académique : pourquoi les femmes quittent plus souvent la recherche

Cet article analyse l’impact de la parentalité sur les carrières académiques à partir de données complètes couvrant les titulaires de doctorat. Il montre que la naissance d’un enfant marque une rupture majeure dans les trajectoires professionnelles, particulièrement pour les femmes.

Les résultats sont frappants : environ une femme sur trois quitte le monde académique après la naissance d’un enfant, tandis que les hommes connaissent un impact beaucoup plus limité. Par conséquent, les mères sont nettement moins susceptibles d’obtenir un poste stable et de rester dans la recherche à long terme.

Contrairement à certaines idées reçues, ces écarts ne s’expliquent pas par des différences d’ambition ou de motivation. L’étude montre que les femmes et les hommes accordent une importance similaire à leur carrière. En revanche, les femmes assument une part disproportionnée des responsabilités liées aux enfants, notamment les tâches imprévisibles (maladie, nuits, rendez-vous médicaux), ce qui limite leur disponibilité professionnelle.

L’article met également en évidence le fait que les inégalités ne proviennent pas uniquement d’une baisse de productivité, mais surtout du fait que les femmes quittent plus souvent la carrière académique. Ces “sorties” expliquent une grande partie des écarts observés entre hommes et femmes aux postes les plus élevés.

Enfin, les pénalités liées à la parentalité sont amplifiées dans les environnements les plus compétitifs et dans les contextes où les femmes manquent de modèles féminins. Même dans un pays comme le Danemark, doté de politiques familiales avancées, ces inégalités persistent, soulignant leur caractère structurel.

Au-delà du cas académique, cette étude met en lumière un enjeu plus large : l’organisation du travail reste largement incompatible avec une répartition égalitaire des responsabilités familiales, ce qui contribue à maintenir les inégalités de genre dans les carrières.

Si vous souhaitez en savoir plus, retrouvez l'ensemble de l'étude (en anglais) ici : https://cep.lse.ac.uk/pubs/download/dp2160.pdf